IVG médicamenteuses : la moitié des IVG pratiquées

«  Si le nombre d’IVG reste stable en France depuis le début des années 2000, la proportion d’IVG médicamenteuses a fortement progressé et représente à présent la moitié des IVG pratiquées », indique la Drees (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques, ministère de la Santé). Le secteur public occupe une place croissante dans la prise en charge des IVG à l’hôpital, mais le nombre d’IVG médicamenteuses réalisées en ville augmente.

En 2007, le nombre d’IVG réalisées en France métropolitaine s’élevait à 213 380. Neuf sur dix ont eu lieu à l’hôpital, le reste en cabinet libéral. 49 % d’entre elles étaient des IVG médicamenteuses, contre seulement 16 % en 1998.

Les IVG médicamenteuses sont autorisées en cabinet libéral depuis 2004, et peuvent être réalisées soit par un gynécologue, soit par un médecin généraliste ayant passé une convention avec un établissement. En 2007, une IVG médicamenteuse sur six a été effectuée en cabinet libéral, contre moins d’une sur dix en 2005.

Cette pratique est soumise à certaines conditions :

Qui peut faire une IVG médicamenteuse?

Toute femme enceinte dont la grossesse ne dépasse pas les 7 semaines d’aménorrhée, soit 5 semaines de grossesse. Cependant la pratique actuelle autorise ce type d’avortement jusqu’à 9 semaines quand elle est pratiquée à l’hôpital.

L’intervention aura lieu, sous réserve de l’absence de contre-indication médicale.

Pour rappel, un avortement chirurgical à l’hôpital est possible jusqu’à 14 semaines d’aménorrhée, soit 12 semaines de grossesse.

Quel médecin peut la faire?

Tout médecin « de ville », généraliste ou gynécologue, qui est habilité à la pratiquer. Cela signifie qu’il a signé une convention et travaille en réseau avec un service hospitalier. Ce médecin doit bien sûr avoir une formation et une expérience professionnelle spécifiques à cette pratique.

Comment se déroule une IVG médicamenteuse?

Cette démarche comprend entre 3 et 4 consultations. Elle n’est pas plus rapide qu’une IVG chirurgicale et peut provoquer des réactions similaires.

1ère consultation : La patiente fait au médecin sa demande d’IVG. Cette première prise de contact est l’occasion pour lui de donner toutes les informations nécessaires à sa prise de décision. Il renseigne sa patiente sur ce qu’est une IVG, sur les différentes méthodes existantes, les conditions nécessaires pour chacune d’elles, leur déroulement, leur coût… Il lui remet ensuite le dossier guide. Cette consultation permet aussi de confirmer et de dater justement la grossesse. Pour cela, il lui prescrit une prise de sang et une échographie.

Enfin, il propose à la patiente un entretien d’accompagnement avec une conseillère conjugale et familiale au cours duquel elle pourra évoquer, dans le cadre d’un entretien confidentiel ce qui la pousse à l’IVG. Cet entretien est facultatif.

2e consultation : Elle a lieu une semaine plus tard, délai nécessaire à la réflexion (ce délai peut exceptionnellement être raccourci si l’avancée de la grossesse l’exige). C’est le moment pour la patiente de confirmer auprès du médecin, par écrit, sa demande d’IVG médicamenteuse. Elle lui remet ses résultats d’examen

Lors de cette consultation, le médecin  explique comment va se passer l’avortement à domicile. La patiente signe la fiche de consentement et le médecin, la fiche d’information qu’il transmettra directement à l’établissement hospitalier avec lequel il est en lien. La première prise de médicament (le Mifégyne ou Mifepristone) peut se faire immédiatement, dans le cabinet du médecin, ou alors être prévue pour un rendez-vous suivant.

3ème consultation: Elle a lieu entre 36h et 48h plus tard. La patiente, toujours en présence et sous surveillance du médecin, prend le deuxième médicament (Misoprostol ou Gymiso), qui va permettre d’expulser l’œuf. Cela se passera lorsque la femme sera rentrée chez elle

Ce jour-là, il est important qu’elle ne soit pas seule chez elle.

Le médecin lui remet ensuite une fiche d’information sur les suites « normales » de l’intervention, comprenant également le numéro et l’adresse de l’établissement hospitalier avec lequel il est en lien, et dans lequel elle devra se rendre en urgence en cas de complications..

4ème consultation : C’est la visite de contrôle qui permet de vérifier que la grossesse a bien été interrompue. Elle a lieu 15 jours à 3 semaines après la prise des seconds comprimés. Une prise de sang ou une échographie est prescrite à la patiente. Cette visite est essentielle car elle permet de s’assurer qu’il n’y a pas de complications et que l’expulsion a bien eu lieu.

Et pour les mineures?

Comme pour l’IVG à l’hôpital, il est bien sûr conseillé que la jeune patiente soit accompagnée par ses parents dans cette démarche, pour ne pas être seule et se sentir soutenue. Si informer ses parents de sa décision est impossible, la loi lui permet de recourir à une personne majeure (un ami, une tante, un professionnel…) de son choix, pour l’accompagner.

Lorsque cette prise en charge est possible, la jeune fille a l’obligation d’avoir un entretien psycho-social avec une conseillère conjugale et familiale, à la suite de la première consultation médicale et avant sa prise de décision. Cet entretien a pour but de l’aider à réfléchir à la situation et à la soutenir dans les choix qui s’offrent à elle.

Quel est le coût d’une IVG médicamenteuse?

Le forfait de prise en charge des frais relatifs liés à l’IVG est remboursé en totalité par l’Assurance Maladie.

Est-ce plus simple pour la femme ?

Pas si sûr !

Si certaines femmes le vivent bien, pour d’autres c’est différent. Quelquefois les délais pressent et certaines n’ont pas le temps de réfléchir et prendre du recul fasse à une grossesse non désirée. L’IVG médicamenteuse peut sembler la solution la plus rapide et sans conséquence, et pourtant beaucoup nous confient que cela n’a pas été si facile à vivre.

Ne pas se précipiter vers ce type d’avortement, mais prendre le temps de recul nécessaire avant de se décider, est important.

Nous sommes là pour vous donner cet espace d’écoute et de paroles.