Pas du tout envie de tomber enceinte, Sonia – 35 ans

pas du tout envie de tomber enceinte

je n'avais pas du tout envie de tomber enceinteRevoir cette pharmacie située à deux rues de l’appartement où j’avais vécu m’a rappelé ce test de grossesse acheté quelques années plus tôt.  Il m’avait fallu trois jours pour me résoudre à m’en servir. Et les deux barres fatidiques étaient apparues. Ce test,  messager maudit d’un événement surgissant dans ma vie : cette grossesse que je refusais de tout mon être. Elles  étaient pâles ces deux  barres et pourtant elles me révélaient ce que je pressentais depuis ce retard de règles. Et ce que mon corps me disait. J’étais enceinte même si je n’avais pas du tout envie de tomber enceinte.

« Tomber » enceinte

Quand je suis allée acheter ce test il y a presque trois ans, je n’avais pas du tout envie de « tomber » enceinte. L’idée même était un cauchemar. Avec cette grossesse qui tombait si mal, pour une pilule oubliée, c’est moi qui sombrais.  Mon corps était fatigué de mes deux maternités, l’appartement trop petit, pas assez d’argent, pas la voiture qu’il fallait, les vacances déjà organisées, le matériel pour bébé rangé,  perdu,  donné, mon mari pas prêt…Bref pas possible, pas maintenant !

Cette grossesse,  j’aurais tout donné pour l’éliminer, la remettre à plus tard. Alors oui j’ai tapé IVG sur Google, la solution qui réglerait le problème. Cela semblait si simple. J’avais le choix. Et pourtant j’avais peur. Peur de souffrir de l’IVG, peur de le regretter. Et puis les larmes ont coulé. J’ai pleuré du poids de l’existence, de mon inquiétude, de ces montagnes de soucis à gravir et de ma solitude.  J’ai pleuré d’envisager de ne pas garder cette vie naissante.

Lui faire une place

Neuf mois pour faire un bébé oui,  mais aussi neuf mois pour se préparer, pour accepter de changer ses habitudes, ses projets et lui faire une place, pour le recevoir comme un cadeau. Ces mois ont été douloureux, emplis de questions et de regrets. Et d’angoisses. Bien éloignés de la sérénité des grossesses précédentes. Et puis elle est arrivée un matin de septembre. La tenir dans mes bras fut si doux et si beau. Elle était là. Et  j’ai su que je ne pourrais plus jamais envisager la vie sans elle.